Dès mon plus jeune âge, les deux petits pieds dans la terre, je m’épanouissais au contact de la nature. En vieillissant, exaltée par l’effervescence des villes, j’ai laissé la lumière synthétique remplacer celle du soleil. À présent debout, les pieds ancrés à Percé en Gaspésie, je suis déterminée à reprendre racine. C’est ici, en forêt, près de la mer, où l’inspiration émane du plus petit des grains de sable aux plus grandes parois rocheuses, de la plus minuscule des gouttes de rosée à l’immensité de la mer, que j’ai implanté mon atelier. Un laboratoire de création dans lequel j’expérimente et conceptualise des idées, reflets des émotions que me suscite cette nature grandiose.

Dès mon plus jeune âge, les deux petits pieds dans la terre, je m’épanouissais au contact de la nature. En vieillissant, exaltée par l’effervescence des villes, j’ai laissé la lumière synthétique remplacer celle du soleil. À présent debout, les pieds ancrés à Percé en Gaspésie, je suis déterminée à reprendre racine.

C’est ici, en forêt, près de la mer, où l’inspiration émane du plus petit des grains de sable aux plus grandes parois rocheuses, de la plus minuscule des gouttes de rosée à l’immensité de la mer, que j’ai implanté mon atelier. Un laboratoire de création dans lequel j’expérimente et conceptualise des idées, reflets des émotions que me suscite cette nature grandiose.

Ma démarche consiste à parcourir le littoral et les montagnes en recueillant des échantillons de fleurs sauvages et d’algues. Au passage des saisons, je tente de percevoir l’unicité des espèces en m’intéressant au bourgeonnement, à la floraison, mais aussi au flétrissement, à l’assèchement ou aux atrophies causées par différentes conditions défavorables. Je cherche ainsi à saisir ce qui met en lumière l’essence du naturel et la beauté de l’imparfait.

En atelier, je capte chaque sujet sous plusieurs angles à l’aide de numériseurs que j’ai modifiés pour parvenir à mes fins. Je les soumets à diverses expérimentations tel le trempage en eau salée, le séchage ou encore la dépigmentation. Ces processus, pouvant parfois durer plus d’un an, me servent à altérer le caractère des plantes et à saisir l’évolution de leur apparence. Je redonne ensuite à la nature ce qu’elle m’a prêté en le reposant en forêt ou en mer.

Au cours des dernières années, j’ai développé un vaste répertoire numérique de plus de 3500 fleurs et algues qui me servent de base pour concevoir mes œuvres. Avec la série « Forêts d’Algues », je désire créer huit très grandes toiles de 60” x 90” représentant des forêts imaginaires construites à partir de la flore recueillie sur les berges du fleuve Saint-Laurent. Ces toiles, vouées à une exposition immersive, plongeront le spectateur dans un univers visant à « émerveiller pour instruire »1. Avec les années, je souhaite développer mes techniques et mon art afin de produire d’immenses œuvres constituées de matériaux issus de leur environnement, comme le réalise Anselm Kiefer avec ses tableaux monumentaux. Le partage de ma fascination par la magnification des détails offre à percevoir, contempler et approfondir notre relation avec la biodiversité. Ainsi, mes interprétations se rallient aux propos de Jean Dorst, dans Avant que nature meure, affirmant que «La nature sauvage ne doit pas uniquement être préservée parce qu’elle est la meilleure sauvegarde de l’humanité, mais parce qu’elle est belle.»

Mes oeuvres, réalisées à partir de mes numérisations auxquelles s’ajoutent, selon le thème abordé, différents médiums tels la gouache, le pastel gras ou l’encre, sont la résultante d’un parcours académique en dessin, peinture, photographie et design. Je suis aussi particulièrement inspirée par la photographie de Jan Saudek, qui par l’application de matières et de couleurs rapproche ses clichés à la peinture. Ainsi, procédant par couches progressives, je redessine la lumière et dessine entièrement certaines parties des oeuvres. En maniant le clair-obscur, je laisse les couleurs s’insuffler d’émotions et s’expimer dans un ensemble photo réaliste côtoyant une obscurité Caravaggesque. Mon travail laborieux est l’aboutissement d’une grande minutie où la rigueur des détails et une profonde sensibilité s’imposent.

Le RAAV est l'association représentative des artistes en arts visuels du Québec

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